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Conseillers financiers rémunérés par leurs clients

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Lettre de mission d’un conseiller en gestion de patrimoine : les sept points à vérifier avant de signer

La lettre de mission d’un conseiller en gestion de patrimoine doit être signée par vous et par lui avant tout conseil. C’est ce que prévoit l’article 325-6 du règlement général de l’AMF. Ce texte fixe sept mentions, dont le mode de calcul de sa rémunération. Ce billet les reprend une par une, pour que vous sachiez quoi vérifier avant de signer.

Écrit par

Directeur de publication ZeroRetro

Publié le

Ce qu’est la lettre de mission, et quand la signer

Un conseiller en gestion de patrimoine, ou CGP, exerce souvent sous le statut de conseiller en investissements financiers, ou CIF. Ce statut est contrôlé par l’AMF, l’Autorité des marchés financiers. Il impose plusieurs documents écrits.

La lettre de mission est le contrat entre vous et le cabinet. Elle dit ce qu’il fera pour vous, comment il vous informera et combien il sera payé. Le Code monétaire et financier exige qu’elle soit signée par les deux parties avant le conseil. Elle est rédigée en deux exemplaires. Vous en gardez un.

L’ordre des documents est fixé :

  1. Le document d’entrée en relation présente le cabinet. L’AMF demande qu’il soit remis avant la lettre de mission.
  2. La lettre de mission fixe la mission et le prix. Vous la signez.
  3. Le conseil vient ensuite. Il est justifié par écrit dans une déclaration d’adéquation, qui explique pourquoi chaque recommandation convient à votre situation.

L’AMF ajoute un point. Le conseiller ne peut pas confier la rédaction ni la signature de la lettre à quelqu’un d’autre, par exemple à un démarcheur. C’est lui qui s’engage.

Cette obligation vise le conseil en placements. Si le cabinet agit seulement comme courtier pour un contrat d’assurance-vie, d’autres règles s’appliquent : celles du Code des assurances.

Les sept points à vérifier

L’article 325-6 dit que la lettre comporte « notamment » les mentions ci-dessous. La liste est donc un minimum. Voici ce que chaque point veut dire pour vous.

Ce que la lettre doit indiquerLa question à vous poser
1. Que vous avez pris connaissance du document d’entrée en relationL’ai-je bien reçu, et avant cette lettre ?
2. La nature et les modalités de la prestation, adaptées à votre situationEst-ce bien ma situation et mon objectif, pas un texte type ?
3. Comment vous serez informé, et à quel rythme si la relation dureAurai-je un compte rendu ? Tous les combien ?
4. Comment le conseiller est payé : calcul des honoraires, commissions éventuellesPuis-je calculer moi-même ce que je paierai ?
5. Si le conseil est indépendant ou non, large ou restreint, et suivi ou nonLe cabinet peut-il garder des commissions ? Me reverra-t-il ?
6. Les produits et stratégies proposés, avec les mises en garde sur les risquesLes risques sont-ils écrits, pas seulement dits ?
7. Tous les coûts et frais, y compris les paiements reçus de tiersAi-je le total, frais des produits compris ?

Source : règlement général de l’AMF, article 325-6.

Le point 5 mérite une explication. Un conseil indépendant, au sens de la loi, repose sur un choix assez large de produits. Surtout, le conseiller ne garde aucune commission des fournisseurs : il doit la reverser intégralement au client. Un conseil non indépendant lui permet d’en garder, sous conditions. Les deux sont légaux. La lettre doit dire lequel s’applique à vous.

Le point 5 porte aussi sur le suivi. La lettre dit si le cabinet vérifiera chaque année que vos placements vous conviennent toujours. Si ce n’est pas écrit, ne le supposez pas.

Le prix : la partie à lire deux fois

Le règlement demande le « calcul des honoraires ». Une formule vague ne suffit donc pas. Vous devez pouvoir refaire le calcul vous-même. Trois formes sont courantes :

  • Un forfait : un montant fixe pour un bilan ou une mission précise.
  • Un tarif horaire : vérifiez le nombre d’heures prévu, ou un plafond.
  • Un pourcentage de vos avoirs : dites-vous combien cela fait en euros, chaque année, sur votre propre montant.

Les commissions sont l’autre moitié du prix. Une rétrocession est une part des frais d’un produit que le fournisseur reverse au conseiller. Vous ne la voyez pas sur une facture. Vous la payez pourtant, dans les frais du produit. La lettre doit dire si le cabinet en perçoit. Le point 7 lui demande en plus de décrire tous les coûts, y compris ces paiements de tiers.

Pour comparer, deux outils peuvent aider. Notre guide sur le prix d’un conseiller en gestion de patrimoine donne des repères. Le simulateur de frais estime ce que coûtent des commissions sur plusieurs années.

Trois questions à poser avant de signer

  • « Combien vais-je payer la première année, en euros ? »
  • « Gardez-vous une commission sur les produits que vous me proposerez ? »
  • « Que se passe-t-il si je ne suis pas vos recommandations ? »

Les signaux d’alerte

L’AMF sanctionne les lettres de mission absentes ou incomplètes. En novembre 2025, sa commission des sanctions a examiné un cabinet de CIF. Il n’avait remis aucune lettre à six de ses onze clients. Les cinq autres lettres ne décrivaient pas les produits proposés. L’une n’était pas datée. Une autre n’était pas signée. Une troisième portait une date antérieure au document d’entrée en relation. Pour l’ensemble de ses manquements, le cabinet a été définitivement interdit d’exercer comme CIF.

Ces défauts sont faciles à repérer. Méfiez-vous si :

  • on vous propose de souscrire un produit sans lettre de mission signée ;
  • la lettre arrive après le conseil, ou en même temps que le bulletin de souscription ;
  • la case « indépendant » ou « non indépendant » n’est pas remplie ;
  • la rémunération tient en un mot, comme « commissions d’usage » ;
  • la lettre n’est ni datée, ni signée par le conseiller ;
  • on ne vous laisse pas repartir avec un exemplaire.

La lettre doit aussi indiquer le médiateur à saisir en cas de désaccord. L’AMF le demande dans son instruction sur les réclamations. Elle précise que la médiation est gratuite. Notre billet sur les litiges avec un conseiller financier détaille la marche à suivre.

Un dernier cas : le démarchage. Si le cabinet vous a sollicité chez vous ou au téléphone sans que vous l’ayez demandé, le contrat doit être accompagné d’un formulaire de rétractation. Vous disposez alors de 14 jours pour revenir sur votre signature.

Ce que la lettre ne garantit pas

Une lettre complète est un bon signe. Elle ne prouve pas que le conseil sera bon. Elle décrit un engagement ; elle ne dit pas comment il sera tenu.

Une lettre qui annonce des commissions n’est pas non plus une faute. La loi permet le conseil non indépendant, à condition de l’écrire. Ce site préfère les conseillers payés uniquement par leurs clients. Mais une commission annoncée, comprise et chiffrée peut coûter moins cher qu’une mission en honoraires. C’est le cas, par exemple, pour un petit montant placé une seule fois.

Les honoraires ont leurs propres limites. Vous les payez même si vous ne suivez aucune recommandation. Et un pourcentage de vos avoirs grandit avec eux, d’année en année. Lisez donc le prix avec la même attention, quel que soit le mode de rémunération.

Après la signature

Gardez votre exemplaire avec le document d’entrée en relation. Ce sont les deux pièces à ressortir en cas de désaccord.

Comparez-les ensuite aux frais réellement prélevés. Ils figurent chaque année sur le relevé annuel des frais, en euros. Si ce relevé montre des paiements de tiers que la lettre n’annonçait pas, demandez une explication écrite.

Chercher un conseiller payé par ses clients

L’annuaire ZeroRetro liste des cabinets qui se disent payés uniquement par leurs clients. Un cabinet « attesté » a signé une attestation écrite : il ne garde aucune commission. ZeroRetro n’est pas un conseiller et ne relit pas les lettres de mission. Demandez la lettre type de chaque cabinet, et comparez.

Questions fréquentes

La lettre de mission est-elle obligatoire pour un CGP ?
Oui, quand il intervient comme conseiller en investissements financiers. Elle doit être signée par les deux parties avant le conseil, selon l’article L. 541-8-1 du Code monétaire et financier et l’article 325-6 du règlement général de l’AMF.
Que doit contenir une lettre de mission de conseiller financier ?
Au minimum : la prise de connaissance du document d’entrée en relation, la prestation, l’information prévue, le calcul de la rémunération, la nature du conseil (indépendant ou non), les produits proposés avec leurs risques, et tous les coûts et frais.
Peut-on signer la lettre de mission après avoir souscrit ?
Non. Le règlement de l’AMF demande qu’elle soit soumise au client avant le conseil. Une lettre datée après le conseil, ou avant le document d’entrée en relation, fait partie des défauts relevés par la commission des sanctions.
La lettre de mission doit-elle mentionner les rétrocessions ?
Oui. Elle doit dire s’il existe une rémunération versée par les fournisseurs de produits. Elle doit aussi décrire tous les coûts et frais, y compris les paiements reçus de tiers.

À lire aussi : comment lire le document d’entrée en relation, et que faire en cas de litige avec un conseiller financier.

Sources

Cet article est une information générale sur un cadre réglementaire et sur des pratiques de marché. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni un conseil juridique ou fiscal. Les montants cités sont des ordres de grandeur : seuls les documents remis par votre interlocuteur font foi sur ce qu'il facture.