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Conseillers financiers rémunérés par leurs clients

ZeroRetro

Combien de conseillers financiers disent ne toucher aucune rétrocommission ?

Seuls 44 des 2 757 sites de conseillers financiers que nous avons lus fin août 2026 disent par écrit ne garder aucune rétrocommission. C'est 1,6 %, moins de deux sites sur cent. Une rétrocommission est la part des frais de vos placements que le fournisseur du produit reverse au conseiller qui vous l'a vendu. Ce chiffre mesure ce que les sites affichent, pas ce que font les cabinets : voici comment il a été obtenu, et ce qu'il ne dit pas.

Écrit par

Directeur de publication ZeroRetro

Publié le

Ce que nous avons compté

Un conseiller en investissements financiers, ou CIF, est un professionnel autorisé à vous recommander des placements. Pour exercer, il doit être inscrit à l'ORIAS, le registre officiel des intermédiaires en assurance, banque et finance. Au 17 juillet 2026, ce registre comptait 8 159 CIF actifs.

Nous avons cherché le site internet de chacun, puis fait lire ces sites par un programme. Il y cherchait une déclaration précise : le cabinet est payé seulement par ses clients, en honoraires, et ne garde aucune rétrocommission. Chaque déclaration trouvée a ensuite été relue à la main.

Cette preuve écrite figure sur 44 sites. Quatre autres sites la portent aussi, mais leurs cabinets ne conseillent que des entreprises ou des investisseurs professionnels. Nous ne les comptons pas.

Ce que disent les autres sites

Ce que dit le siteSitesPart des sites lus
Le cabinet garde des commissions, ou se dit non indépendant77228,0 %
Modèle mixte, ou propos contradictoires1635,9 %
Rien de probant1 76764,1 %
Un seul indice, non confirmé à la relecture7—
Preuve écrite, mais clientèle d'entreprises ou de professionnels4—
Preuve écrite : honoraires seuls, aucune rétrocommission441,6 %
Total des sites lus2 757100 %

Aucun pourcentage n'est donné sous dix sites. Près des deux tiers des sites ne disent rien de clair sur ce point. Cela ne veut pas dire que ces cabinets gardent des commissions. Beaucoup de sites présentent l'équipe et les services, sans un mot sur la façon dont le cabinet est payé.

La loi oblige pourtant chaque CIF à le dire à ses clients. Il le fait dans le document d'entrée en relation : un document remis avant tout conseil, qui présente le cabinet, ses statuts et sa rémunération. Ce document est rarement publié en ligne.

Le modèle mixte est fréquent : des honoraires pour un bilan, des commissions sur les placements. Certains cabinets laissent le choix au client. D'autres renoncent aux commissions sur les placements financiers, mais les gardent sur l'assurance-vie. Ils peuvent alors annoncer un conseil « indépendant » au sens de la directive européenne MIF II : l'assurance-vie relève d'une autre réglementation.

Pour savoir ce que fait votre conseiller

Demandez son document d'entrée en relation avant le premier rendez-vous. Cherchez-y le passage sur la rémunération : il doit dire si le cabinet garde des commissions versées par les fournisseurs, sur les placements comme sur l'assurance-vie.

Parler d’honoraires ne suffit pas

Près de la moitié des sites lus parlent des honoraires du cabinet : 1 268 sites, soit 46 %. Le mot ne garantit rien. Parmi ces sites, 613 disent aussi garder des commissions, ou se déclarent non indépendants. Un cabinet peut facturer un bilan en honoraires, puis être payé par les produits qu'il place.

Où sont ces cabinets

Les preuves écrites sont plus fréquentes en Île-de-France.

Siège du cabinetSites lusPreuve écritePart
Île-de-France894283,1 %
Reste de la France1 863160,9 %

Aucune autre région ne compte dix preuves écrites. Nous ne donnons donc pas de chiffre par région ou par département : sur si peu de cas, un seul cabinet ferait varier le résultat.

Comment nous avons compté

ÉtapeNombreDate
Inscriptions CIF au registre ORIAS, actives et radiées12 52617 juillet 2026
CIF actifs8 15917 juillet 2026
Exclus : nom masqué à la demande de l'entrepreneur774
Exclus : numéro d'entreprise introuvable18
Cabinets dont nous avons cherché le site7 36725 au 27 août 2026
Site trouvé3 013
Site non lu : il refuse la lecture automatique246
Site non lu : aucune page récupérée10
Site lu2 75726 et 27 août 2026
Preuve écrite, après relecture44relu jusqu'au 7 octobre 2026

Le registre ORIAS donne pour chaque CIF son numéro d'entreprise, le SIREN. Le répertoire Sirene de l'INSEE donne le nom et l'adresse qui vont avec. Sans nom, impossible de chercher un site. Or 774 entrepreneurs ont demandé à l'INSEE de ne pas diffuser leur identité, et nous l'avons respecté.

Pour trouver les sites, le programme a testé des adresses tirées du nom du cabinet. Il a aussi cherché sur le web les pages qui affichent son numéro ORIAS. Un site n'est retenu que s'il affiche le SIREN ou le numéro ORIAS du cabinet, ou à défaut son nom, sa ville et le vocabulaire du métier. Les sites partagés par plusieurs cabinets, comme celui d'un réseau, ont été écartés.

Le programme a lu jusqu'à 45 pages et 12 documents PDF par site. Il a respecté les sites qui refusent les robots. Il découpe chaque texte en courtes propositions. Il ne retient « aucune rétrocommission » que si la phrase le dit du cabinet lui-même : pas de « la profession », pas de « certains conseillers », pas d'une clause du type « dans le cas où ».

Toutes les preuves trouvées par le programme ont été relues à la main, ainsi que les cas douteux. Pour les cabinets inscrits dans notre annuaire, la relecture s'appuie aussi sur leur document d'entrée en relation. Au total, 82 sites ont été relus, et 57 ont changé de case.

Nous avons gardé les 197 cabinets qui semblent appartenir à un groupe, comme une banque ou un assureur. Les retirer ne change presque rien : il resterait 43 preuves écrites.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ce chiffre compte des sites, pas des cabinets. Un cabinet sans site n'est pas compté, pas plus que celui dont nous n'avons pas trouvé le site. Il ne faut donc pas diviser 44 par les 8 159 CIF actifs. Le résultat mêlerait les cabinets qui se taisent et ceux que nous n'avons pas pu lire.

Le programme se trompe, dans les deux sens. Il a pris une agence immobilière pour un conseiller sans commission. Surtout, il manque de vrais cabinets sans rétrocommission : sur 24 cabinets de notre annuaire dont le site a été lu, il n'en a reconnu que 12. La relecture a corrigé ceux-là, pas les sites que personne n'a relus. Le chiffre de 44 est donc un plancher.

Un site dit ce que le cabinet choisit d'afficher. Il peut être ancien, incomplet, ou contredire le document remis aux clients. Nous rapportons ce que les cabinets écrivent : nous n'avons pas vérifié leurs factures. Enfin, les sites changent. Ces chiffres valent pour la fin de l'été 2026 ; ils seront refaits dans un nouveau billet daté.

Aucun cabinet n'est nommé ici. Ceux qui sont payés uniquement par leurs clients et l'ont attesté figurent dans l'annuaire. Pour savoir ce qu'ils facturent, lisez notre étude sur leurs honoraires.

Citer ces chiffres

Chiffres librement réutilisables en citant la source avec un lien vers cette page (licence CC BY 4.0).

  • « Selon ZeroRetro, seuls 44 des 2 757 sites de conseillers en investissements financiers lus fin août 2026 disent par écrit ne garder aucune rétrocommission, soit 1,6 % (relecture à la main au 7 octobre 2026). »
  • « Selon ZeroRetro, 64 % des sites de conseillers en investissements financiers ne disent rien de probant sur les rétrocommissions (2 757 sites lus fin août 2026). »
  • « Selon ZeroRetro, 613 des 1 268 sites de conseillers en investissements financiers qui parlent de leurs honoraires disent aussi garder des commissions, ou se déclarent non indépendants (sites lus fin août 2026). »

Source : https://zeroretro.fr/blog/conseillers-financiers-sans-retrocommission-chiffres

Télécharger les chiffres agrégés (CSV) : 26 indicateurs, avec pour chacun la valeur, l'unité, la base et la date de la donnée. Aucune donnée par cabinet.

Sources

Cet article est une information générale sur un cadre réglementaire et sur des pratiques de marché. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni un conseil juridique ou fiscal. Les montants cités sont des ordres de grandeur : seuls les documents remis par votre interlocuteur font foi sur ce qu'il facture.